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Pour ou contre les jeux dématérialisés ?

Un débat Player Up animé par @LeGrandGamin

Envie de débattre

Depuis quelques temps, j’avais très envie de débattre d’un sujet sérieux et qui risque d’intéresser tout gamer digne de ce nom. Avant d’introduire ce débat et pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me prénomme Aurélien, alias LeGrandGamin et j’anime depuis un an, la chaine et le blog Le Café Du Rétro. Etudiant, j’ai bientôt vingt ans, je suis passionné par l’univers du jeux vidéo. Collectionneur, j’adore le gaming, son histoire, la technique qui l’entoure, ses acteurs commerciaux, ses flops et ses succès et surtout… je reste très attentif au devenir de ce marché, très vivant.

Un débat qui déchaîne les passions

Du coup, j’aimerais vous parler et débattre d’un sujet d’actualité fortement lié à notre époque, une époque du tout numérique – qui déchaîne les passions au sein de la communauté des joueurs, qu’ils soient hard-gamers ou occasionnels : La dématérialisation du jeu vidéo.

C’est un sujet brûlant ! Surtout pour les passionnés comme moi. Alors, j’espère pouvoir échanger avec vous dans la plus grande objectivité car j’ai beaucoup de choses à vous dire !

En effet ! Pour ou contre la dématérialisation ? Et, pourquoi dématérialiser les jeux ? Quels impacts sur les joueurs ? Quelles conséquences sur le marché du jeu vidéo ? Que de questions.

Debat Player Up, les jeux dématérialisés
Débat Player Up : les jeux dématérialisés, mai 2019

Organisation : Où et quand !

Organisé par l’association Player Up, notre débat se déroulera le 29 mai 2019, à partir de 19h30, au bar « café restaurant », le Serpent Volant, 54 rue du Grand Marché, à Tours (37000), à l’étage, accès dans la cour intérieure par l’escalier. ENTREE LIBRE.

Le débat

Alors concrètement, c’est quoi un jeu dé-matérialisé ?

Imaginons un joueur qui joue durant une heure à Halo 5, puis l’heure suivante, à Fortnite sauvez le monde ! Et bien, notre joueur n’a pas pris conscience qu’il a joué avec deux produits – évidement similaires puisque ce sont des jeux – mais aux stratégies commerciales diamétralement opposées.

En effet, le premier jeu se joue sur console avec un support physique que notre joueur a acheté en magasin, auprès d’un vendeur super sympa, “In Real Life”, avec qui, on taille la bavette. Cool ! Le second jeu se joue toujours sur console – oui – mais acheté sans avoir bougé du canapé ; il a été téléchargé à partir d’un Store numérique dans le Cloud.

Et bien, elle est là, la différence. Nous sommes dans le démat. ! Plus de CD, plus de cartouche, plus de jolie boite colorée et joyeuse ! Simplement, un abonnement, un store, une carte bleue et hop votre jeu est disponible sur votre console, prêt à jouer !

Est-ce que cela empêche notre joueur de casser de la bestiole ? Non ! Il est toujours aussi motivé – jeu dématérialisé ou non ! Et, croyez-vous qu’il se soucie de ce nouveau concept d’achat ? J’ai bien peur que certains commencent à réagir. Et c’est tout le débat qui nous anime dans cet article.

La question est posée.

Etes vous pour l’achat en dématérialisé ou l’achat d’un produit standard physique ?

La tendance dématérialisée

Depuis quelques années déjà, de nombreux producteurs de jeux vidéo ont décidé de vendre leur produit de façon dématérialisée. Apple avait lancé ce concept avec l’AppStore et le premier iPhone. Rapidement, cette idée s’impose inévitablement et nous amène au tout numérique. Steam a très vite opté pour un catalogue de jeux multi-plateformes sous la forme de produits numériques dématérialisés – j’avoue très sexi.

Désormais, nous sommes tous habitués à ce modèle économique – disons le – pratique, pour les logiciels, les livres, la musique et la vidéo. Les exemples sont pléthoriques : iTunes, iBooks, Amazon, Microsoft avec XBox Live et sa suite Office 360, Sony avec son Playstore, Spotify pour la musique, Netflix pour le streaming et même la TV s’y colle avec Molotov.TV.

Dans le domaine du jeu, cette transition est encore en cours et risque de devenir un impératif. Car oui, il existe encore des supports physiques pour le jeu, mais pour combien de temps ? L’idée du livre numérique existe aussi, mais bizarrement, posséder le livre semble ancré dans les esprits. Il semble que pour le jeu, les acteurs commerciaux du marché nous imposent le virtuel. Alors pourquoi ?

Nombreux sont les développeurs indépendants qui ont trouvé enfin le moyen de produire leur création sans passer la fabrication coûteuse traditionnelle. Les avantages mis en avant par les distributeurs sont nombreux :
Plus d’intermédiaire à séduire, plus de magasin à gérer, plus de packaging coûteux, plus de support défectueux, des mises à jour simples et rapides, exit le piratage ! Et puis surtout, de réelles marges financières, de nouveaux revenus supplémentaires avec les achats intégrés… Bref, que des avantages à première vue !

Mais c’est pas fini ! Depuis peu, les acteurs du marché tel que Sony ou Microsoft envisagent une nouvelle manière de consommer le jeu. Le jeu en streaming devient l’objectif en cette année 2019, avec le projet Stadia de Google et qui a devancé tout le monde après son annonce du 19 mars dernier. Là, c’est carrément du jeu sur étagère. Une expérience de jeu incroyable selon Google. Une box Internet avec la fibre optique, un ordi, ou une tablette, un abonnement mensuel et hop, tu pourras jouer en 4K n’importe où, sur n’importe quoi ! Là, pour le coup… fini les téléchargements et les consoles. Même Apple vient d’annoncer son nouveau service Arcade pour le jeux en ligne… Mais où va-t-on ?

Est-ce que le streaming est bien ou pas ? C’est autre débat ! Je suis tout de même preneur pour cette nouvelle expérience de jeu, en revanche je serais très attentif au prix et à la qualité de l’offre. Je reste donc sur mes gardes.

Les points fort de la dématérialisation

Alors du coup, quels sont les avantages pour nous, les joueurs ?

Evidemment, il y en a !

Il n’est plus nécessaire de jongler entre les CDs, les cartouches et dans le même temps, le matériel se simplifie. Plus de lecteur Bluray, ou de DVD pour pouvoir installer le jeu. Et puis, si ta maison brûle ! Alors, tu n’as rien perdu, c’est disponible sur ton compte ! Y-a plus qu’à re-télécharger ! J’imagine le chagrin du collectionneur qui voit sa collection s’envoler en fumée !

Télécharger, c’est cool ! Plus obligé de se rendre en boutique, de se prendre un râteau parce que le magasin est fermé. Une carte bleue, un clic et le tour est joué, tranquille, affalé dans le canapé !

Notez que ce changement de consommation s’est accéléré avec l’arrivée des smartphones qui sont devenus de réelles plateformes de jeux. Là encore, facile de télécharger et d’installer. Ces jeux sont souvent proposés à un prix d’appel minime, provoquant l’achat compulsif. Mais les achats intégrés vous ramèneront à la dure réalité du commerce… la marge ! Alors, ce jeu sur smartphone vous aura coûté certainement plus cher que l’achat raisonné en magasin. Mais finalement, était-il si bien ce jeu ? Dans la salle d’attente du docteur, certainement ! Mais avez-vous pris le temps d’y jouer dans le canapé ? Oui ! Alors c’est qu’il est très bon. Après tout, pourquoi pas ? On aime ou on aime pas les jeux sur téléphone ! Sachez d’ailleurs que les jeux type “Battle Royale” ou “Candy-Crush” sont très rentables et depuis longtemps.

Le prix pour convaincre

Le prix est souvent l’argument “marteau” qui fait basculer le consommateur dans le dématérialisé. Enfin, c’était au début, car aujourd’hui ce type d’achat, est plutôt rentré dans les moeurs courantes de consommation avec en fond, une démarche très écologique mais on y reviendra plus tard.

On constate une différence de prix presque dérisoire entre le démat et le physique. Disons le franchement, le dématérialisé prend de l’ampleur, mais il est honnête de constater – en 2019 – que la version boite reste encore sur les étales. Car oui, c’est vrai que les jeux chez Micromania ou à la FNAC sont souvent plus chers ! Mais, c’est le prix à payer pour garder nos magasins ! Certains constructeurs n’ont pas encore fait le pas d’abandonner le support physique, je pense particulièrement à Nintendo avec ses cartouches Switch. C’est un bon signe même si on trouve aussi en parallèle un Store de plus en plus riche pour le démat. Nintendo.

Le prix est donc un argument – plus ou moins vrai aujourd’hui – pour attirer le consommateur vers ce mode de consommation “fast-food”. Comme signalé précédemment, lors de la sortie d’un nouveau jeu, il est fréquent que la version dématérialisée soit proposée au même prix que la version en boîte. Et ca, c’est pas cool !

En revanche, le joueur a accès à des jeux qui peuvent ne pas être commercialisés en version « physique » ; notamment les jeux indépendants. Il me vient à l’esprit les jeux comme Undertale, Night Call et Windjammers 2 sur Switch. De nombreuses grandes marques comme Steam, EA Origin ou Nintendo proposent
des catalogues de jeux Indé. Des annuaires comme Kinguin existent aussi pour les rendre visibles et listent des jeux incroyables, disponibles sur de multiples plateformes. Ca ! C’est le premier effet bénéfique de la démat.

Autre avantage, les mises à jour et patches correctifs sont simplifiés et presque transparents ! Ca c’est bien…
Et puis aussi, nombreux sont les DLC ou autres niveaux supplémentaires à ajouter à ton jeu préféré très facilement !

Le côté obscure de la dématérialisation

Nombreux sont les avantages de la démat. – c’est indéniable, mais cela pose quelques problèmes tout de même sur le devenir du jeu en lui même et touche directement le joueur et sa liberté de jouir du produit qu’il a acheté !

Sans produit physique, les joueurs n’ont plus l’objet à disposition – c’est du virtuel. Alors oui, tu peux avoir tous les jeux du monde sans les contempler sur les étagères ! Super pratique pour les gens qui vivent dans peu de mètre carré ! En revanche, exit les vidéos unboxing sur YouTube !

Si je disais que désormais c’est le tout démat. ! Alors certains consommateurs et surtout les collectionneurs pourraient grincer des dents ! Fini les coffrets collectors, les artbooks numériques, l’OST en MP3, fini les items in-game exclusifs, bye-bye les livrets d’aide colorés. Terminé la valeur de l’objet : on passe à la valeur universelle imposée par le marché !

En effet, un jeu sur Steam aura toujours la valeur que le distributeur voudra bien annoncer et cela avec de faibles variations ; même si les promos sont intéressantes, alors elles annoncent un seuil de rentabilité atteinte. Bonnes affaires ou pas ? Seul un marché de niche pourrait permettre aux collectionneurs fortunés d’avoir des jeux en boite ! Ne rigolez pas, le marché du luxe ne s’est jamais aussi bien porté. On pourrait même imaginer des consoles très haut de gamme – pour bénéficier du support physique ? Les gens modestes n’auraient accès finalement qu’au streaming !

Et puis, c’est bien d’avoir des milliers de jeux sur son compte iTunes ou Steam mais pas d’échange possible, pas de transmission de vos achats ! Revente impossible. Le jeu n’appartient plus au joueur. Même, s’il peut être partagé dans la limite de 5 joueurs chez Steam, il ne peut en aucun cas être cédé à quelqu’un d’autre.

Pire, dans vingt ans, quand les serveurs seront éteints, je doute que vous puissiez encore jouer à vos jeux démat. Tout devient jetable. Le joueur ayant acheté un produit dématérialisé est donc dans l’impossibilité
de profiter du marché de l’occasion. Les revendeurs – les CASH ou petit magasin de proximité – sont les grands perdants quand on évoque la démat. des jeux vidéo. Ils subissent les conséquences désastreuses de ce nouveau mode de consommation. Le marché de l’import, le marché de l’occasion accusent depuis peu, d’importantes pertes financières et sont contraints de licencier ou de mettre la clef sous la porte. C’est triste. Micromania – en France – a dû trouver des alternatives pour rester sur le marché. C’est très dur pour eux et pour nous !

Allons plus loin… Si comme moi, vous habitez en première couronne d’une grande ville, l’accès à l’Internet – indispensable aujourd’hui – n’est pas forcément de bonne qualité en campagne. Et oui, il existe beaucoup de gens qui jouent partout sur le territoire. La France n’habite pas à Paris !!!

D’ailleurs la qualité d’une connexion Internet varie en ville. Il faut avoir une bonne connexion pour télécharger un gros jeu ; ou faire du streaming. Certains jeux obligent également le joueur à être connecté constamment afin de jouer, ce qui provoque régulièrement des grognes obligeant les éditeurs à lever cette obligation. Exemple en 2013, ORIGIN obligeait d’avoir un compte connecté à internet pour jouer à SimCity même hors ligne, ce qui avait fait un scandale d’ailleurs à l’époque. Autant dire que si on passe au streaming, le eSport ne pourra pas se pratiquer à la campagne.

Le fait qu’il soit à présent très simple de proposer une mise à jour, donne lieu à la banalisation du DLC.
Ces contenus additionnels, souvent payants, s’ajoutent au prix d’achat d’origine d’un jeu afin d’en augmenter la durée de vie… Ces add-ons améliorent le jeu et suscitent l’intérêt du joueur. C’est très bien. Mais le coût du jeu devient vite prohibitif !

L’exemple que tout le monde connaît est Fortnite et récemment Apex Legend. La carte bleue des parents s’en souvient encore, un vrai puit sans fond. Là encore, on bidonne le jeu et on n’offre pas au joueur tout le potentiel du scénario s’il y a. On voit des dérives incroyables, comme pour Prince of Persia dont la vraie fin était contenue dans un DLC payant. Les abus concernant les DLC sont très nombreux et s’appuient dans la mode économique des « micro-transactions« , considérées comme plus rentables depuis que le marché du jeu s’est ouvert à l’Internet.

On dit souvent le démat c’est bon pour l’écologie ! On sait depuis longtemps, que les gigantesques Datacenters dédiés au Cloud – pour le jeu ou non – sont des monstres de consommation électrique ! On repassera pour l’écologie.

Conclusion

Êtes-vous prêt pour le 100% dématérialisé ? Il y a un peu moins de 6 ans, Sony avait proposé une console 100% cloud avec la PSP-GO. Trop en avance sur son temps, il fallait se connecter à Internet et acheter uniquement sur PS-Store ! Un flop monumental pour cette console qui se voulait nomade.

Aujourd’hui, nous avons encore la chance de pouvoir jouer sur de vieilles consoles, tout en profitant des technologies modernes ! J’adore jouer à Mario 64, puis à Unreal sur Mac OS, j’aime passer le casque VR pour jouer à Farpoint ! J’aime reprendre mon Pokémon Y et rebondir sur Halo 5. J’aime mon époque, car nous avons encore le choix ! Nous avons la liberté de choisir notre mode de consommation et c’est précieux.

Je dirais “oui” à la dématérialisation si cela convient à certains, mais pouvoir disposer d’un objet culturel est important pour moi. Que ce soit un CD, un Bluray, une BD ou un jeu. C’est aussi une liberté que je tiens à garder. Je ne suis pas rentrer dans la thématique du piratage très vaste, et qui fausse le point de vue du créateur. Nous sommes dans une époque où tout artiste à loisir de faire son business. Les exemples de réussite sont nombreux avec un passage de l’Indé. au physique – je pense à Overcooked !

Je n’ai pas abordé tous les avantages et inconvénients du démat. ! Trop vaste pour un article d’introduction… j’ai essayé d’aborder notre sujet avec un maximum d’arguments, pour et contre. J’en ai certainement oublié. L’idée est bien de susciter vos réactions ! C’est donc maintenant que le débat commence !

Un débat réalisé avec l’association Player Up, de Tours

Ce débat est réalisé dans le cadre de ma participation active avec l’association Player Up. D’ailleurs, si vous êtes tourangeau et pas un ours, alors sortez de votre caverne ! Venez échanger, partager avec nous sur l’univers du jeu vidéo au travers de l’association Player Up, qui œuvre pour la promotion du jeu vidéo, sa reconnaissance en tant qu’objet culturel, support pour la création de liens sociaux entre joueurs.

Association Player Up – contact@playerup.org
48 Rue Georges Courtine, 37000 Tours, Indre et Loire, France

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